h EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878. Gr. ni. ci. 23. CHAPITRE PREMIER. FRANCE. Pour la presque totalité, la coutellerie française exposée pro vient des quatre centres principaux indiqués plus haut. Ces produits réunis, quoique semblables en apparence, sont extrêmement variés et bien différents pour l’observateur. Les ar ticles du plus bas prix y figurent graduellement jusqu’à ceux d’un prix élevé; il y en a même qui, par leur mérite, pourraient être classés parmi les objets d’art. Nous allons les passer en revue et décrire chacun des centres qui les ont produits. Fabrique de Thiers. La ville de Thiers, bâtie sur le versant d’une montagne du Fo rez, près de laquelle coule un petit torrent, la Durolle, qui est le moteur naturel pour la plupart des fabriques, est le centre de production le plus important de l’industrie de la coutellerie^fran- çaise. On y fabrique tous les articles, depuis le commun juscjuau demi-fin. Le nombre des fabricants patentés dans le canton de Thiers est de 35o; celui des ouvriers travaillant à cette industrie est de 20,000, dont /i,ooo partagent leur temps entre l’atelier et les divers travaux de la campagne. La production est évaluée a 13 millions de francs. Les ouvriers travaillent à la tâche ou a la journée, soit dans les fabriques, qui sont au nombre de 71, situées à Thiers ou dans les environs, soit isolément, réunis en famdle. Le salaire moyen par jour est de q fr. 76 cent, a 3 francs pour les hommes de la ville et de 2 fr. q5 cent, pour ceux de la campagne, 1 franc et 1 fr. 2 5 cent, pour les femmes. Les fabricants se livrant généralement à une spécialité de pro duction, l’exécution se fait par la division du travail, soit manuel, soit au moyen de machines-outils; chaque ouvrier fait une frac tion de pièce : l’un forge, l’autre lime, un autre trempe et redresse, d’autres émoulent et polissent; puis lames, ressorts, platines et