Gr. m. Cl. 21. SEPTIÈME PARTIE. NATTES, TAPIS DE SPARTER1E ET DE JUTE. L’origine de la fabrication des nattes et des tapis de sparterië remonte à la plus haute antiquité ; c’est un des premiers produits de l’art de tisser. Les plus belles nattes viennent de l’Inde, de la Chine et du Japon; les nattes en sparterie viennent de l’Espagne et du Portugal et, depuis peu de temps, des autres pays d’Europe. Nous parlerons en premier des nattes de Chine; après viendront les tapis de sparte, et ensuite les tapis de jute, qui sont un pro duit de ce siècle. Nattes. Les nattes de Chine, nommées dans le pays ju-tsao ou ju-tso-sik, sont faites en bambou, jonc ou roseau, que l’on cultive en grande partie sur les bords marécageux de la mer, sur les côtes d’un port appelé Loui-Tchou-fou, et sur celles du fleuve Yang-tse-kiang. Les joncs croissent à une hauteur de 1 à 2 mètres; ils sont d’une bonne qualité, fins, souples et tenaces, fort utiles à l’indus trie chinoise. Leur principal emploi est la fabrication des nattes qui sont unies, à damiers ou à dessins rayés, et de couleurs noire, rouge, grenat et paille naturelle. On a essayé de faire de la nou veauté avec des couleurs bleue, blanche, rouge et violette; ces essais n’ont pas eu de succès; on préfère encore les anciens types dont la teinture est solide; les autres teintures n’ont pas la môme durée. Le tissage des nattes est très simple et rappelle celui des étoffes de crin. Le jonc se lance et se place comme lui, et, pour égaliser le tissu afin de ne pas avoir de lisière plus lâche d’un côté que de l’autre, on le lance tantôt par un bout, tantôt par l’autre, pour contre-balancer les grosseurs. Il doit être tenu frais, afin d’être flexible au moment de la fabrication. Les chaînes sont formées tantôt d’une corde fine, tantôt d’un fila-