CINQUIÈME PARTIE. TISSUS DE CRIN. La fabrication des tissus de crin pour ameublement date, en France, du commencement de ce siècle. Elle y fut importée par un fabricant nommé Bardel, qui les y exposa pour la première fois en 1802 et obtint une médaille de bronze; cet article était recherché à cette époque pour sa solidité, sa fraîcheur naturelle et la modicité de son prix. L’époque la plus prospère de celte industrie, à en juger par le nombre des exposants et le chiffre de nos exportations, se rapporte aux Expositions de 1827 à 1844; ce chiffre, qui était descendu très bas en 18/19, s’était relevé, en 1855, au niveau de celui de 1839, mais n’a pu s’y maintenir. Les matières employées à cette fabrication sont d’abord les fils de crin, qui servent de trame; ils viennent de l’Allemagne, de la Russie, du Brésil, delà Plata, de Montevideo. Ceux d’Allemagne et de Russie nous arrivent par Hambourg où ils sont plus parti culièrement travaillés par des ouvriers spéciaux; ceux du Brésil, de la Plata et de Montevideo nous arrivent par Bordeaux et le Havre. En France, ceux de la Picardie et de la Champagne sont les plus estimés; ceux de la Bretagne et de la Lorraine le sont moins. L’importation de l’Amérique du Sud est très abondante parce que ces fils sont à meilleur marché que ceux des autres contrées. En Europe, c’est la Russie qui en fournil la plus grande quan tité; ceux de la Sibérie sont les meilleurs; le grand marché est à Nijnéi-Novogorod. L’importation de ces fils est assez considérable; en dehors des étoffes pour meubles, les tissus pour crinolines, chaussures, tamis, literie et brosserie en emploient une grande quantité. Ces fils sont brillants et lisses au toucher, élastiques et flexibles, et peuvent supporter un grand poids; ils sont soumis à une pré-