Gr. ni. Cl. 20 PREMIÈRE PARTIE. PORCELAINE DURE. L’antiquité de la porcelaine chinoise n’est pas aussi grande qu’on avait été porté à le penser d’abord, d’après l’examen de petits vases en porcelaine chinoise découverts dans un tombeau égyptien dont la date remontait à une époque peu postérieure au xvm 0 siècle avant Jésus-Christ. Une étude plus attentive de ces vases et la na ture des inscriptions qu’ils portaient ont prouvé qu’ils étaient d’une fabrication plus récente; c’est vers l’an 185 avant Jésus—Christ qu’on admet généralement que la porcelaine fut inventée dans le pays de Sin-p’ing, sous la dynastie des Han; sa fabrication fut transportée au Japon par les Coréens vingt-sept ans après Jésus- Christ. La porcelaine subit, à partir de cette époque, des perfec tionnements qui furent surtout considérables vers l’an îooo. Les porcelaines orientales furent introduites en Europe en 15o8 par les Portugais, après leur voyage au cap de Bonne-Espérance. C’est à cette époque que la faveur publique commença à quitter- la faïence décorée. La blancheur, la translucidité et la solidité, jointes à l’éclat des émaux et de la décoration qu’on rencontre dans les poteries orientales, leur créèrent bientôt une vogue qui fut une rude concurrence pour la fabrication de la faïence. Cette dernière fut négligée et devint bientôt plus grossière. La porce laine tendre en France et la porcelaine dure découverte en Alle magne, puis en France, attirèrent toute l’attention publique, qui se fixa exclusivement sur elles pendant de longues années. La vogue fut si grande que de tous côtés on se mil à l’œuvre pour essayer de reproduire des poteries semblables. Les efforts furent longtemps infructueux, parce qu’on manquait des matières premières qui servent en Chine à fabriquer la porcelaine. C’est seulement en 1706 qu’on découvrit le kaolin en Saxe, et que Bôttger et Tschirnhaus s’en servirent pour faire de la porcelaine. La porcelaine dure de Saxe se trouvait dans le commerce depuis Classe ao. a