SECTION I. L’ARCHITECTURE ET SA DÉCORATION FIXE. CHAPITRE PREMIER. ARCHITECTURE. I Si l’architecture, née d’un besoin physique, a commencé par être une industrie, elle est rapidement devenue l’expression la plus complète et la plus élevée de l’art décoratif. Qu’elle s’applique à nos édifices publics ou à nos habitations, aucune forme de l’art ne présente, — en dehors des graves questions soulevées par la science complexe de la construction, — autant de difficultés dans sa pratique et n’exige plus de qualités diverses chez celui qui s y consacre. La mission est si lourde pour le « maître de l’œuvre» que l’on ne peut s’étonner de la voir assez rarement bien remplie. Une érudition étendue, la correction des idées et du gbut, le sentiment de la forme et de la couleur, la puissance dans la composition, alliée à beaucoup de prudence et de discrétion dans 1 emploi des moyens offerts par l’imagination, constituent les principaux carac tères du talent de l’architecte. L’artiste et le constructeur sont réunis en lui: l’un met en œuvre ce que 1 autre a conçu, et tous deux doivent s’accorder pour que 1 utile soit en harmonie avec le beau, pour que la forme soit la conséquence de la destination. De l’utile nous ne dirons rien, sinon que, en architecture do mestique, la période séparative des deux dernières expositions universelles de Paris a vu le triomphe définitif de tout ce qui peut aider au bien-être matériel et procurer les aisances de la vie. Nous verrons plus loin si le beau a suivi la même marche progressive. ' Il est impossible de ne pas s occuper de 1 architecture quand on traite de la décoration, car elle a une influence souveraine sui