CHAPITRE II. LES EXPOSITIONS INTERNATIONALES. — 1851-1867. I On avait pensé un moment à rendre l’Exposition de 18/19 internationale. L’idée de la fraternité des peuples était une de celles que la Révolution de février avait ren dues populaires : idée mal définie, mais généreuse, et qui était bruyamment proclamée chaque soir dans les clubs. Les expositions nationales devaient infailliblement conduire aux expositions internationales; et pourtant il y avait entre elles une différence très profonde. A l’origine, les expo sitions nationales avaient été comme une forme de la guerre que les peuples se faisaient les uns aux autres. Si l’on se reporte, par exemple, à la première de toutes, celle de 1798, on verra sans doute que François de Neufchâ- teau se proposait surtout de prouver que la liberté vaut mieux que le privilège pour assurer la prospérité des Etats; mais la liberté à laquelle il pensait était la liberté inté rieure, la suppression des jurandes, de la réglementation excessive et des charges fiscales de toute nature. Depuis les fameuses lois de l’Assemblée constituante, il 11’y avait plus de guerre entre les corps de métiers, ni, dans chaque corps de métier, entre les maîtres et les compagnons, ni entre les compagnons et les ouvriers qui exerçaient un état sans en avoir acquis le privilège. Les barrières des douanes inté-