CHAPITRE VI. LES ALIMENTS. I Il est impossible de se taire des idées générales un peu exactes sur la quantité d’aliments qui nous est nécessaire, parce que les difi'érences d’âge, de sexe,’de santé, de tra vail, d’habitudes, de climats, introduisent des différences correspondantes trop nombreuses et trop considérables d’une espèce à l’autre. Les grandes administrations, obligées d’éta blir un régime uniforme pour des agglomérai ions impor tantes, consultent les théoriciens, tiennent compte autant que possible de l’expérience et n’arrivent après beaucoup d’essais et d’incertitudes qu’à des à peu près. Il semble que le régime alimentaire d’aucune agglomé ration ne puisse être étudié avec plus de soin et de facilité que celui de l’armée. Les gouvernements sont contraints, par des intérêts de toutes sortes, à en faire une étude atten tive. L’état-major, l’intendance, le corps médical, réunissent pour cela leurs efforts et leurs lumières. H s’agit d’ailleurs d’une agglomération composée uniformément d’hommes valides, âgés de vingt à vingt-cinq ans. Tout cela est éga lement vrai dans tous les pays, en France comme en Alle magne et en Autriche, en Italie et en Espagne comme en Angleterre. Cependant il s’en faut bien que les rations soient partout les mêmes. Si l’on ne regarde que le pain,